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Photo de Viviane (employée à l'ESAT de Rosny sous Bois)

Saviez-vous que nos bocaux de graines étaient confectionnés en ESAT (Etablissement et Service d’Aide par le Travail) ?

 

 

Photo de Marc (co-fondateur de Pickr) et Viviane (employée à l'ESAT)

Marc (co-fondateur de Pickr) et Viviane (employée à l’ESAT)

Ces établissements dont l’objectif est l’insertion sociale et professionnelle des adultes handicapés (personnes dont la capacité de travail est inférieure à un tiers de la capacité d’une personne valide) sont peu (ou pas assez) connus. La team Pickr a décidé de vous montrer, au travers de ce petit reportage, les modes de fonctionnement, les missions confiées aux travailleurs, ou encore le type d’entreprise pouvant faire appel à ce type d’établissement.

Mercellindée Pires (chef de service) et Viviane (employée de l’ESAT) ont accepté de nous parler des rouages d’un des 191 ESAT présents en Île-de-France : l‘ESAT de Rosny-sous-Bois (93110).

Depuis 4 ans, Mercellindée Pires fait le lien entre les clients de l’ESAT et les travailleurs en situation de handicap. Elle s’occupe en partie de démarcher les entreprises qui souhaitent proposer des missions à l’établissement, de valider ces dernières, de fixer les tarifs, de briefer et d’encadrer les moniteurs. Elle est également garante des projets personnalisés des travailleurs sur des prestations individuelles, et de mettre en place le processus d’insertion lorsque les travailleurs se trouvent hors des locaux de l’ESAT.

 

Alors Mercellindée, expliquez nous comment fonctionnent les ateliers dans un ESAT ?

Tous les ateliers fonctionnent de la même façon (le plus souvent ils travaillent sur du conditionnement, empaquetage, étiquetage…), on peut avoir, tout comme Viviane, des personnes qui font des choses un peu plus spécifiques, mais toujours en fonction des capacités de chacun. Certains ont le CACES (Certificat d’Aptitude à la Conduite En Sécurité), ils s’occupent donc du stockage lorsqu’il y a des camions à décharger, qu’il faut amener les palettes dans les ateliers, ils sont aptes à conduire des chariots élévateurs et des transpalettes. Les travailleurs sont répartis par spécificité individuelle sur chaque atelier. Nous avons également un atelier couture, où là en effet c’est quelque chose de différent, c’est une petite activité en plus. Globalement les 3 ateliers de conditionnement font la même chose, ils sont sur la même production.

 

Combien êtes-vous dans l’ESAT ?

Actuellement il y a 101 travailleurs, donc 97 en temps plein. On a au moins 80 % des personnes qui sont présentes chaque jour, sauf le vendredi matin, car nous sommes fermés le vendredi après-midi.

 

Quel est l’âge moyen des travailleurs ?

40, 50 ans en grande majorité. Beaucoup de jeunes arrivent, car nous avons des départs en retraite. Et comme nous travaillons beaucoup avec les Instituts Médicaux Éducatifs, qui nous envoient beaucoup de jeunes en stage, ils finissent par intégrer l’ESAT. On évite de prendre trop de jeunes car on peut vite tomber dans l’ambiance lycée, où ça se taquine, ça s’embête, il y a des conflits qui peuvent être un peu plus récurrents.

 

Y’a-t-il des encadrants dans les ateliers ?

Systématiquement, il y a généralement 2 moniteurs par atelier, qui ne sont pas en situation de handicap. Ce sont des personnes qui ont fait des formations de moniteurs d’ateliers, ou qui ont une formation après une expérience dans le secteur de l’industrie, qui peuvent avoir un CAP ou un BEP, et que l’on accueille parce qu’ils peuvent avoir une expérience en couture par exemple, dans les jardins pour les espaces verts, dans la manutention pour le conditionnement, etc.

 

Quel est le type d’entreprise qui fait appel à vous ? à un ESAT en général ?

Il n’y a pas de critères. En général, tout type d’entreprise est susceptible de venir nous voir pour nous demander si on peut faire la prestation. Cela va de la saisie informatique, sur des questionnaires de satisfaction pour les hôpitaux privés à de la reprographie. Cette diversité nous permet d’avoir des tâches plus spécifiques pour certaines personnes. Finalement les travaux de conditionnement restent accessibles à presque tout le monde. Coller des étiquettes par exemple, tout le monde peut le faire, les personnes qui ont un peu plus de capacités se retrouvent alors à s’ennuyer dans l’atelier.

 

De ce fait, on essaye de diversifier un petit peu les activités. Un jour, un client nous a donné de la soudure de câble LED, et c’est Viviane qui était en charge de ça avec 3 autre personnes, et ils adoraient ça ! Parce que justement, ils avaient l’impression qu’enfin ils accédaient à quelque chose dans leurs capacités.

 

Un autre exemple : on a un jeune homme, passionné de menuiserie, avec des capacités énormes. L’année dernière, on a réussi à mettre en place un stage avec une association qui fabrique des jouets en bois recyclé destinés à des enfants. Il a pu participer à ça pendant une bonne année, mais de manière ponctuelle sur la semaine. Ensuite, il a participé à d’autres ateliers de ce type pendant 3 semaines, puis plus rien etc… On essaye de trouver des moments de répit, où l’on se dit qu’il va être bien pendant 3 semaines, puis il va se réennuyer pendant peut-être un an…

 

C’est ça qui est compliqué en ESAT. Les clients qui viennent nous voir se disent souvent « bon les handicapés, on ne va pas en tirer grand-chose », il nous donne alors des missions « très accessibles ». Il est difficile pour nous de leur faire comprendre que les travailleurs peuvent justement avoir des grandes capacités : moi-même il y a des choses qu’ils font en atelier que je ne saurais pas faire, ou moins bien, j’ai déjà essayé l’étiquetage par exemple et l’étiquette n’est souvent pas droite (Rires).

 

Les travailleurs qui entrent dans l’ESAT, restent-ils pour une durée déterminée ? 

Cela dépend des personnes. Normalement, les travailleurs n’ont pas pour projet de rester toute leur vie dans un ESAT. C’est censé être une passerelle vers le « milieu ordinaire ». Beaucoup de personnes sont là depuis l’ouverture de l’établissement, et ne quitteront pas l’ESAT car elles approchent l’âge de la retraite. De plus, les familles n’ont pas forcément envie que leurs enfants soient envoyés à gauche, à droite.

 

On essaye tout de même de pousser certaines personnes vers le monde de l’entreprise, en prestation individuelle comme Viviane, qui part de temps en temps à Paris travailler dans un laboratoire pharmaceutique, où elle fait des prestations sur place. On en a d’autres qui partent à Lognes, Noisy le sec, Rosny, etc… pour faire des prestations sur place. Les personnes y vont soit seules, soit en équipe et sont parfois encadrées par un moniteur qui les accompagne et reste toute la journée sur place avec eux.

 

Le but de les emmener dans le milieu « ordinaire » est qu’ils puissent s’adapter à ce milieu, et voir si par la suite, il y a des intégrations possibles. Ce qui est assez rare, non pas parce que les personnes ne sont pas prêtes, mais surtout parce que les entreprises ne le sont pas. Il y a des entreprises avec lesquelles on travaille depuis des années qui n’intègrent toujours personne. On a eu une seule personne qui a été embauché en CDI en juillet 2018 pour faire du conditionnement dans une société de cosmétique. Elle a décidé de suivre l’entreprise en province pour laquelle elle travaille, et ne revient ici que pour des événements particuliers. Depuis qu’elle y travaille, elle se sent beaucoup moins handicapée, parce qu’elle n’est plus mélangée à ses « pairs ».

 

A l’ESAT, ils n’ont pas tous les mêmes pathologies, ni les mêmes difficultés, de ce fait je pense que parfois certains régressent du fait d’être en contact avec des personnes qui ne vont pas forcément les faire évoluer. Lors du banquet d’été, cette fille en question est revenue différente, maquillée, coiffée, bien habillée, ce n’était plus la même. (Rires)

 

D’autre part, on a des travailleurs, comme Viviane, qui ne veulent pas forcément partir de l’ESAT, car elle y a ses habitudes, elle n’est pas loin de chez elle et peut y retrouver ses amies.

 

Y’a-t-il des missions que vous refusez ?

Cela peut arriver, parce qu’on évite de trop les fatiguer. Par exemple, des entreprises nous demandaient parfois de venir dans leurs locaux, de faire le travail sur place, ça pourrait nous arranger parce que l’on est payé plus, ( l’équipe de travailleur est payée à l’heure par personne au lieu d’être payée à la tâche), sauf qu’ils n’avaient pas de locaux adaptés, l’espace était assez réduit, donc l’équipe n’aurait pas travaillé dans de bonnes conditions : pas de lumière, en restant debout toute la journée, alors que ce sont des personnes qui ont des restrictions médicales, donc on a clairement refusé. Parfois il y a des entreprises qui arrivent avec un délai imposé « de la veille pour le lendemain », si ce n’est pas jouable pour les travailleurs, bien sûr nous refusons. Nous faisons toujours en sorte qu’ils travaillent dans de bonnes conditions.

 

Comment fonctionne le financement d’un ESAT ?

Alors pour un ESAT, contrairement aux autres structures médico-sociales, il y a une partie financée par l’agence régionale de santé. Le salaire des travailleurs est financé d’une part par l’ARS, et d’autre part par le commercial,l’argent que gagne l’ESAT est ensuite reversée en partie aux travailleurs à un pourcentage du SMIC, et ils perçoivent quasiment systématiquement LAH (L’allocation aux Adultes Handicapés) qui leur permet d’avoir un salaire équivalent au SMIC.

On perçoit systématiquement des fonds de l’ARS, pour tout ce qui est salaire des moniteurs, de l’encadrement, de tous les professionnels.

 

De quoi bénéficient les entreprises qui font appel à un ESAT ?

Les entreprises de plus de 20 salariés sont soumises à des contributions à l’AGEFIPH qu’elles doivent reverser en fonction du nombre de salariés qu’elles ont. Si elles n’emploient pas de travailleurs en situation de handicap, elles doivent verser un certain montant en contrepartie. Lorsqu’elles font appel à un ESAT, elles peuvent déduire jusqu’à 50% de ce qu’elles payent.

Pour plus d’information sur les Ateliers de Rosny, rendez-vous sur : www.ateliersderosny.com .

Nos bocaux de graines confectionnés en ESAT sont ici.

 

 

Cofounder Pickr | Happy Chief Executive Officer